Draftfcb et la science de la créativité
Si vous n’avez jamais entendu parler d’ondes Alpha et de lobe temporal, vous saurez désormais que cela est en lien direct avec votre créativité. C’est ce que nous apprenait cette semaine, Jonah Lehrer, auteur du livre « How we decide?», lors de sa passionnante conférence sur la créativité. D’où vient la créativité? Comment la stimuler? Qu’obtient-on en reliant l’art et la science?
En 45 minutes, Lehrer a pu livrer une théorie fascinante sur la façon dont le cerveau fonctionne en phase de création. Il soutient que c’est dans un état de relaxation totale que le cerveau atteint son plein potentiel créatif. « We shouldn’t assume that productivity means always being at the desk staring at a screen. You need to walk away and have a warm shower – that’s when the moment of inspiration comes! » affirmait-il. Lehrer a complété en parlant de l’influence des couleurs sur le mental, des moments propices à la créativité et des façons de favoriser les moments d’insights (notamment par la relaxation). Il souligne enfin qu’en raison de la complexité des problèmes que nous vivons aujourd’hui, la créativité devient plurielle impliquant la nécessite de collaborer et de cocréer à l’externe. Selon Lehrer, en moyenne 50% des problèmes que connait une entreprise peuvent être résolus dans les six premières semaines par une personne externe.
Pour compléter ces propos, Matthew Willcox, directeur exécutif de Draftfcb est revenu certaines campagnes primées de EA Games intitulées « Your Mom Hates Deadspace 2 » afin d’illustrer comment la critique et l’insight peuvent être de puissants moteurs de créativité.
Âgé d’à peine 27 ans, Jonah Lehrer est un auteur et conférencier américain de talent. Il écrit pour de nombreuses publications notamment The New Yorker, The Wall Street Journal et The New York Times. Il a été reconnu comme jeune prodige par le New York Times.
Pour revoir la présentation, visionnez le vidéo ci-dessous.
Le paradoxe de l’innovation
Pourquoi sommes-nous si obsédés à l’idée d’être les premiers? C’est la question que posait Malcolm Gladwell hier en débutant sa très inspirante conférence sur le paradoxe de l’innovation.
« Being the first in creative endeavours wins you prizes. But I think that approach to life might be overstated. We don’t want to be first – we might want to be third!” affirmait-il. Pour appuyer ses propos, Gladwell est revenu sur les bombardements israéliens sur la Vallée de la Bekaa au Liban en 1982 en réaction aux forces syriennes. Cette bataille de deux heures, avait impliqué des tactiques modernes et de l’artillerie à la fine pointe entrainant la destruction massive des avions de combat. Ainsi, le génie d’Israël avait été de combiner le meilleur de la technologie et de l’innovation russe avec l’efficacité du système de production américain.
Mais quel rapport avec le marketing me diriez-vous? Si l’on s’attarde au phénomène des réseaux sociaux, Malcolm ne manque pas de rappeler que Mark Zuckerberg n’en n’est pas être l’inventeur. Le premier réseau social avait été créé par un service nommé Friendster, il fut suivi par Myspace avant d’être surpassé par Facebook, qui en fit alors le média de prédilection que l’on connait aujourd’hui. Les exemples de ce genre foisonnent, il n’y a qu’à penser à Google qui n’a pas inventé la recherche ou à Amazone qui n’est pas à l’origine du commerce en ligne.
Pour renchérir, Malcolm a retracé l’histoire de Steve Jobs pour qui la réussite tient au fait qu’il ait su adapter les innovations des autres. C’est lors d’une visite au parc informatique de Xerox dans les années 70 que celui-ci s’est inspiré de certains concepts innovateurs développés par Xerox à l’époque (icônes, souri, … ). Nous connaissons aujourd’hui la suite de l’histoire…
Pour clore sa présentation, Malcolm est revenu sur son propre parcours. C’est après avoir été refusé par 14 agences publicitaires torontoises que sa carrière a pris un nouvel envol. Il est aujourd’hui un auteur, conférencier et journaliste de renom. Son ouvrage : « The tipping point », un best-seller, fut traduit dans plus de 40 langues. Sa conclusion : arrêtons de toujours mettre l’emphase sur l’innovation et laissons une place à la mise en œuvre et l’implémentation… autrement dit à l’art de commercialiser l’innovation.
À demain pour la suite de l’aventure cannoise.
L’amour est une histoire d’écrans…
L’aventure Cannoise continue. En ce lundi 20 juin, le programme de la journée fut particulièrement passionnant et les invités de calibre, notamment: Malcolm Gladwell, Arianna Huffington, Tim Armosting, président d’AOL, Laurence Boschetto, président de DraftFCB et j’en passe.
La matinée a débuté avec l’excellente présentation de Richard Dunmall, vice-président de Microsoft et Simon Bond, vice-président marketing de BBDO Worldwide à propos des relations que les individus entretiennent avec les écrans. Cette étude d’envergure mondiale, menée auprès de 1500 personnes dans cinq pays différents (Chine, Russie, États-Unis, Royaume-Unis et Arabie Saoudite) permet de classifier quatre types de plateformes en fonction de différents archétypes psychologiques. Voici en bref les principaux constats qui en découlent :
La TV : le bon et fiable vieux copain – un objet que l’on associe à la passivité et au confort du foyer. Cependant, certaines différences peuvent être observées selon l’âge et la position géographique. Ce médium est moins crédible auprès des jeunes de moins de 30 ans alors qu’il est porteur de méfiance et de manipulation dans les pays communistes.
Le PC : le grand frère – Beaucoup plus fiable que la télévision, le PC est un guide qui nous permettrait de nous construire, de nous instruire et de rivaliser nos connaissances. Il représente le medium le plus fiable pour les jeunes et les peuples des pays communistes.
Le mobile : le nouvel amant - Il fait littéralement partie de nous. Il existe désormais un rapport très physique et intime avec notre téléphone, ce qui contribue à créer des attentes à long termes plus exigeantes en matière d’intelligence et de personnalisation.
La tablette : le magicien – La tablette revêt un aspect fascinant par sa flexibilité et son design. Symbole parfait d’expérience et d’interactivité, la tablette contribue à la performance et provoque l’action.
Pour conclure, quelle que soit la plateforme, l’important se trouve dans le « storytelling » et la convergence que l’on créera autour des écrans. Dans cette optique, la campagne Old Spice est un exemple de multi-exploitation réussi. Chaque plateforme est puissante pour un certain usage à un certain public. La compréhension de ces archétypes aidera certainement les marketeurs à mieux adapter leurs campagnes et à miser sur des messages pertinents pour leurs cibles…
Demain, je vous propose un retour sur la fascinante conférence de Malcolm Gladwell portant sur le paradoxe de l’innovation.
Coup d’envoi de la 58ème édition du Festival des Lions de Cannes
C’est aujourd’hui que débute officiellement la 58ème édition du Festival des Lions de Cannes. Placé sous le signe de la créativité, ce rendez-vous incontournable promet, encore cette année, d’être riche et inspirant.
Tout au long de la semaine, plusieurs célébrités feront leur apparition sur la scène du Palais des Festivals notamment: Patti Smith, Pharell Williams, Robert Redford et Nick Jonas du Goupe The Jonas Brothers, etc.
En introduction à cette journée, la première conférence de Goviral, donnée par Jimmy Maymann et coanimée par Martin Lindstrom, auteur et expert de marque, fut pour moi l’une des plus inspirantes. Dans un monde où les technologies évoluent si vite, l’identité pérenne des marques représente un véritable défi pour les entreprises. Les marques fortes sont souvent celles qui ont su patiemment se cultiver autour d’une histoire et d’une vision universelle. Constat intéressant, en 2001, près de 15% de toutes les conversations que les consommateurs entretenaient concernaient les marques, aujourd’hui ce pourcentage équivaut à 37%. Pour Martin Lindstrom, plusieurs parallèles peuvent être faits entre les marques et les religions. Ainsi, les marque peuvent s’inspirer des religions en capitalisant sur des piliers tels que : le rituel, la symbolique, le storytelling, le sentiment d’appartenance, la grandeur, le mystère, l’évangélisme… Apple, Nike, Coca Cola en sont les exemples les plus parlants.
C’est à partir d’une étude consistant à utiliser des techniques sophistiquée d’imagerie médicale pour observer les réactions du cerveau face à divers stimuli religieux et à des logos que Martin Lindstrom a pu tirer de telles observations. Reste à voir si le contraire est possible…
Classé au rang des 100 personnalités le plus influentes au monde selon le Times Magasine en 2009, Martin Lindstrom, consultant, écrivain, conférencier et voyageur passionné est également connu comme étant un gourou du Neuromarketing. Son dernier livre « Buyology » fut traduit dans plus de 30 langues.
Google : média de l’année?
Chaque année, le Festival des Lions de Cannes met de l’avant une personnalité influente ayant façonné l’avenir du paysage médiatique. Cette année, le prix sera décerné à Éric Schmidt, président de Google.
« Sous la direction d’Eric Schmidt, Google a vraiment changé la façon dont les populations mondiales accèdent à l’information » a affirmé Philip Thomas, président-directeur général des Lions de Cannes. En très peu de temps, Google a bouleversé l’équilibre économique d’une multitude d »industries, en l’occurrence les médias, devenant par le fait même un médium publicitaire des plus puissants.
De 2001 à 2011, Eric Schmidt a présidé Google et a supervisé la direction stratégique commerciale et technique de l’entreprise aux côtés de ses deux fondateurs, Serge Brin et Larry Page. Sous sa supervision, Google a considérablement élargi et diversifié son infrastructure et son offre de produits tout en maintenant une forte culture de l’innovation.
Les participants auront l’occasion d’assister cette année à une conférence de Google, le mercredi 22 juin 2011, au cours de laquelle Eric Schmidt se prononcera sur la façon dont Internet changera le monde.
Parmi les récipiendaires précédents, on retrouve notamment Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook; Steve Ballmer, PDG de Microsoft Corporation; Sir Anthony O’Reilly, PDG du groupe Independent Nouvelles et médias; Tsuneo Watanabe, président et rédacteur en chef du Yomiuri Shimbun Holdings; Sumner Redstone, président et chef de la direction de Viacom; et Gerald Levin, PDG de Time Warner AOL.

